Le village

Voici de brèves présentations des principaux bâtiments qui représentent le patrimoine architectural de Rossinière : 

le temple, la cure, l'ancienne cure, la tour de l'horloge, l'hôtel de ville, le chalet de 1700, le chalet de la Place, la chapelle, le chalet de 1748, le chalet de 1686, le chalet de 1731 et le pont sur la Sarine.


Le temple
Dédiée à Sainte Marie-Madeleine, l'église qui domine le village est d'origine romane (chapelle à abside semi-circulaire, retrouvée en fouilles). Paroissiale dès la Réforme, l'église était devenue trop petite : en 1628 déjà, on en demandait l'agrandissement. L'ouragan de 1645 qui, non seulement emporta le toit, mais fit que les "murailles du temps de ce lieu en furent toutes escrollées, esbranlées et fendues" conduisit à la réalisation de cet agrandissement. Seuls le clocher et le coeur d'origine médiévale étaient demeurés intacts. La nef fut reconstruite de fond en comble, comme l'atteste l'inscription commémorative placée dans un écu contre un poteau de la tribune.
A remarquer aussi : la chaire, également de cette époque, les stalles gravées et le plafond de bois. Classé monument historique en 1900, le temple fut restauré en 1910, puis en 1972-1975.


La cure
La cure actuelle fut construite en 1770 selon les plans de l'architecte bernois Niklaus Sprüngli. Depuis 1761 déjà, on envisage de reconstruire entièrement l'ancienne cure, maison de bois bâtie en 1643 au centre du village. Après bien des hésitations, on décida finalement de construire, sur un nouvel emplacement, un bâtiment "à la manière du pays" mais entièrement en maçonnerie. Ainsi, la cure de Rossinière est non seulement l'oeuvre d'un architecte de grand talent, mais également une création originale et particulièrement réussie, mêlant aux normes habituelles de l'architecture de pierre des éléments issus de la tradition locale (toit de tavillons, larges galeries latérales de bois, l'une abritant l'escalier d'accès aux étages, l'autre contenant le rural).
La distribution intérieure est certes plus ample et plus complexe que celle d'une habitation paysanne de la région, mais elle ne reproduit pas non plus le schéma habituel d'une cure de plaine. Seuls les aménagements intérieurs, tels les boiseries, poêles, cheminées, plafonds, etc. sont ceux d'une demeure bourgeoise contemporaine.


L'ancienne Cure
Construite en 1643 par les charpentiers Claude Goballet et fils (voir date et inscription sur le pignon) cette maison servit de cure jusqu'en 1770. Il est intéressant de noter que bien qu'elle ait été spécialement conçue comme demeure du pasteur, cette maison ne se distingue de ses voisines ni par sa typologie ni par l'expression d'une vocation particulière. Elle suit le mode de construction du pays et l'inscription elle-même n'a pas un caractère religieux plus marqué que ce qui était alors en usage dans la région. En 1838, le bâtiment toujours propriété de la Commune servait d'hôpital et était "occupé par les pauvres". Devenue simple maison d'habitation à la fin du XIXe siècle, elle est propriété privée depuis 1957.


La tour de l'horloge
Construite à la fin du XVIIIe et transformée à la fin du XIXe siècle, cette tour d'horloge a également servi de chambre d'arrêt et de local d'archives. Classée monument historique en 1961, elle a été restaurée en 1977-79, retrouvant ainsi sa toiture d'origine; l'horloge a été déplacée vers le bas.


L'hôtel de ville
Construit en 1645, ce bâtiment est partiellement démoli puis reconstruit en 1890. Il abritait la maison de commune et l'auberge à l'enseigne de "La Grue" (armoiries de Rossinière). Ce bâtiment se distingue de ses voisins par son imposant volume et le décor soigné de sa belle façade (tablettes de fenêtres, frise décorative, toiture à demi-croupe et berceaux de bois). Un clocheton, détruit en 1963 lors qu'un incendie des combles, soulignait la fonction publique du bâtiment. Un perron monumental donne sur la place du village, où se trouvait la fontaine publique autrefois couverte.


Le chalet de 1700
Construit par les maîtres Daniel Lenoir de Château-d'Oex et Samuel Mottier, ce chalet transformé au cours des siècles a néanmoins conservé son inscription sur la façade sud.


Le chalet de la Place
Maison d'habitation construite entre 1660 et 1670 par le maître charpentier Abraham Goballet pour le riche notaire Adam Martin, curial (greffier) de Rossinière. Il s'agit là d'un bâtiment d'une qualité exceptionnelle, tant au niveau de la qualité architecturale, de la richesse du décor extérieur (à remarquer la dédicace, les motifs gravés et peints qui ornent la façade sud) et intérieur, que la qualité des matériaux utilisés. Personnage hors du commun, Adam Martin fit appel aux meilleurs artisans témoignant ainsi de sa volonté de dépasser en beauté et en grandeur tout ce qui se faisait à l'époque.
Ainsi, la maison de la Place est à la fois le résultat de savoir-faire d'artisans remarquables et le reflet de la volonté d'un constructeur aux moyens considérables.


La chapelle
Modeste chapelle construite en 1884, elle fut acquise par l'Eglise libre en 1926 et servi de salle de culte jusque dans les années 1960. Elle appartient aujourd'hui à la Fondation Balthus.


Le chalet de 1748
L'inscription située sur la façade sud, difficilement lisible aujourd'hui, reflète bien l'esprit des formules utilisées au XVIIIe siècle:
"Par le secours divin le sieur Josué Pilet moderne lieutenant de Rossinière a fait bâtir cette maison par les maîtres David, Pierre et Samuel Mottier et David Henchoz de Château d'Oex l'an 1748.
O Dieu Eternel bénit le maître de cette maison et ses descendants après lui. Fais-leur la grâce de te servir fidèlement pour être heureux éternellement avec tous les fidèles triomphants"


Le chalet de 1686
Construit par maître Daniel Genayne et ses fils Jean et Davi pour Abraham Henchoz, cette maison est un bel exemple d'architecture de la fin du XVIIe siècle. Plus modeste que le chalet de la Place elle reflète davantage l'architecture "courante" à cette époque (voir inscription et détails architecturaux).

Le chalet de 1731
Construit par les maîtres Joseph Genayne, Samuel Isoz, Abraham et Moïse Lenoir pour Gabriel Henchoz.

Le Pont sur la Sarine
Le pont en pierre de 1650. A voir également en sortant de Rossinière : le pont de la Tine construit en 1785.

Source : Recencement architectural du canton de Vaud
Département des infrastructures,
Section des monuments historiques